25.11.2007

D'une grève à l'autre

Lille I, sciences et technologies. L'énorme campus est vide, abandonné. Pas de trace de vie. Les bâtiments défilent et s'entremêlent. La température,elle, saisit, le froid enveloppe et décourage. Sous la semelle la terre est molle, humide, elle accorche, entrave le pas.
 
 
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Le bâtiment apparaît, avec sa grande antenne. C'est ici que se réunit la coordination nationale étudiante. On croirait un bunker équipé pour communiquer en temps de guerre. A l'extérieur, deux vigiles tournent, sans fin, autour du bâtiment. De loin, leur allure et leur uniforme noir n'est pas sans rappeler la garde noire du DPS, croisée une semaine plus tôt au congrès du Front national à Bordeaux. Encore une fois, sécuriser les abords.
 
Mais les sécuriser par rapport à qui ? Les journalistes sont grâcieusement parqués dans la salle de "quarantaine". Belle image pour la démocratie, le pluralisme et la circulation des idées. Plus besoin d'aller dans quelque régime autoritaire d'un coin oublié de la planète. C'est à Villeneuve-d'Ascq, au sud de Lille, sur le campus de Lille I. Par les fenêtres, on aperçoit de nombreux étudiants. Une dizaine fument à l'extérieur. Pas de quarantaine pour moi, même si je traine un vieux rhume.
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Mon vieux rhume, au final, je préfère le trainer à la Gare Lille Flandres. Nous sommes dimanche, cela fourmille quand même.
La gare est toujours marquée par la grève. Marquée au son. Pas un bruit de train. Ordinaire pour un dimanche, moins lorsque c'était en semaine. Pendant la dizaine de jours de conflit, la gare était bondée, les filles d'attente au guichet démultipliées par rapport à la normale. Mais, comme ce dimanche, et magré le monde, il n'y avait pas de bruit. Pas ce fond sonor, pas ce ronronnement de train à l'arrêt, respiration sourde et mécanique, dont on ne s'apperçoit jamais autant de la présence que lorsqu'elle est absente.
Aujourd'hui, comme pendant la grève, la gare ne respirait plus. Mais c'est dimanche. On le sait parce que pendant les grèves des bénévoles se relayaient aux différentes entrées de la gare pour expliquer l'intérêt du mouvement. Aujourd'hui, ils ne sont plus là. Donc tout est normal.
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Les étudiants voulaient rejoindre les cheminots. Ils n'ont pas réellement pu le faire. Mais sont-ils de la même France du refus?
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24.11.2007

Martine Aubry en 2.0

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Le beffroi serait-il tenté par la démocratie participative? La question se pose plus que jamais du côté de la mairie de Lille.

On attendait Martine Aubry sur les grandes lignes de son programme, jeudi 22 novembre. Il n'en a rien été. Ne pas partir trop tôt pour ne pas se griller. Pas d'information nouvelle, mais une belle opération de communication : la maire de Lille ouvre son blog des municipales. Bref, ce ne sera pas une seconde campagne mais une campagne 2.0 pour Martine Aubry.

Car les Lillois, comme sur tout blog qui se respecte, peuvent laisser des commentaires. Deux jours après l'ouverture, ils ne s'y bousculent pas : deux messages, un décalé, l'autre partisant. Mais mieux encore, ils peuvent participer au "projet 2008-2014". L'utilisation de cette participation n'est pas encore très lisible sur le blog, mais elle n'est pas sans rappeler le thème de la démocratie participative développé par Ségolène Royal lors de la présidentielle 2007.  Cela n'a jamais été le grand amour entre les deux femmes, mais pourquoi ne pas s'inspirer de méthodes qui ont semblées populaires?

S'inspirer seulement. Car Martine Aubry ne consulte pas uniquement les simples citoyens, mais aussi une série de personnages et d'experts locaux pour établir son programme. On doit désormais l'attendre entre le 15 et le 20 janvier. Après les voeux.

 

Mais que fait l'UMP ? 
Sébastien Huyghe tarde un peu à réactualiser son blog, plus porté sur son action que sur sa campagne. Mais de toute manière lui non-plus n'a pas encore de programme définitif.

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Photo Antoine Bayet 

En réalité, à l'UMP, les regards se tournent davantage vers la communauté urbaine. Comme l'explique Rémi Lefebvre, la communauté urbaine de Lille a un budget 3 à 4 fois supérieur à celui de la municipalité. Et donc un pouvoir proportionnel. L'objectif : gagner des sièges là où c'est possible dans les nombreux bastions socialistes de l'agglomération.

Pierre Mauroy, lui, se retire. Et pour lui succéder, on retrouve Martine Aubry pour le PS. De l'autre côté, à l'UMP, c'est Marc-Philippe Daubresse, député-maire de Lambersart, qui briguera la succession du premier ministre de François Mitterrand.

23.11.2007

Le Front national en congrès, la famille Le Pen en démonstration

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C'est le moment de ferveur patriotique du week-end. Certains ne sont venus que pour cela. Les allées du Palais des Congrès de Bordeaux, grouillantes depuis la veille au matin, se vident dès les premières paroles du discours. Quelques instants plus tard, elles sont désertes. Les stands sont abandonnés. Il ne reste guère que quelques vigiles ou autres membres du DPS dans leurs uniformes noirs pour veiller dessus. Le grand amphithéâtre, lui est plein. On applaudie pas, on acclame.

Car le Front national (FN) en congrès, c'est avant tout une chose : le rassemblement autour du chef. Qu'il soit critiqué, ou pas. Bien que certains ne le suivent plus de bon coeur, ils lui renouvellent tout de même leur confiance. Quand il parle, on l'écoute. Attentivement. Après 35 ans à la tête du mouvement, Jean-Marie Le Pen est toujours là, pas près de lâcher le parti.

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Après le discours et La Marseillaise, une longue séance de dédicace. Alors que la salle se vide, certains courent rejoindre celui qu'ils nomment avec déférence "Monsieur le président". Un tee-shirt, une casquette, un livre, une photo, une feuille de papier. Tout y passe. On s'y presse. Lui apprécie. Il reste, même si la fatigue se lit sur ses traits. Il aime la foule et l'amour qu'elle lui porte. Et à ce moment, il essaye de lui rendre.
 
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Au congrès du FN, il y a les couleurs. Du bleu, du blanc, du rouge. En drapeau, en briquet, en affiche et même en tente de camping. Et encore du blanc et du rouge, en liquide cette fois. Les vins patriotiques montent aux créneaux. Nous sommes à Bordeaux que diable!

 

2796f3b5576970dc1db6447e2bdc6792.jpgAu congrès du FN, un Le Pen peut en cacher un autre. Un peu plus tôt dans la journée, Marine Le Pen a pris la parole, avec des accents lyriques que l'on a connu avant chez son père. Ferme et énergique. Elle a tenté de montrer qu'elle aussi pouvait prendre le parti. Un jour peut-être.

 

Mais dehors les critiques fusent. "Fausse", "vendue à l'UMP", "fille à papa". Des discussions franches qui réduisent en quelques minutes les efforts de Marine Le Pen pour séduire la droite du parti. Celle qui ne veut pas de normalisation, celle qui veut continuer à être "le caillou dans la chaussure de la démocratie".

15.11.2007

Ouverture version Lambersart

Par quatre fois Claude Reynaert a conduit les socialistes aux municipales de Lambersart. Une fois aux législatives. Face à lui, en 1989, 1992, 1995 et 2001, le même adversaire, Marc-Philippe Daubresse, actuel vice-président de l’Assemblée nationale.

Mais pour les prochaines élections, Claude Reynaert ne mènera plus le PS. Il a quitté le parti il y a peu. Claude Reynaert sera sur la liste de son ancien ennemi. Pour Thierry Lazaro, député-maire de Phalempin, et secrétaire départementale de l’UMP (Nord), « c’est le cas le plus emblématique d’ouverture » sur la métropole.

L'occasion d'apporter quelques explications.

 

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Photo Patrick James

Claude Reynaert, après avoir longtemps mené le Parti socialiste, votre nom sera donc sur une liste UMP aux élections municipales de mars prochain?

Ce sera une liste d'ouverture. Il n'y a jamais réeelement eu de liste UMP ou de droite à Lambersart. 

Pourquoi ce revirement ? 

C’est d'abord une évolution personnelle. Le contexte local a joué. Après l’affrontement il y a toujours eu rapprochement: je suis en dialogue constant avec Marc Philippe Daubresse depuis une dizaine d’années. En réalité c’est un centriste, et avant tout un humaniste. Et puis je n’avais plus envie de me présenter.

Au niveau national, il m’ont désespéré. Lorsque Jospin a dit que son programme n’était pas socialiste, que Ségolène Royal a dit qu’elle n’avait pas cru en son programme. Cela faisait déjà trois ou quatre ans que j’éludais la question.
Au niveau national toujours, un certain nombre d’hommes de qualité ont accepté de franchir le pas.

Au niveau local, les gens attendent la compétence, pas autre chose, peu importe l’étiquette.

Lambersart est une ville bourgeoise, avec des quartiers populaires. Quand on a un projet de rénovation urbaine qui atteint 200 millions d’euros, est-ce réellement un projet de droite ? Il y avait déjà beaucoup de similitudes dans nos programmes [celui de Marc-Philippe Daubresse et le sien]. Et puis les Lambersartois n’attendent pas quelque chose de révolutionnaire.

Que pensez-vous de Nicolas Sarkozy ? 

 Je n’ai pas beaucoup d’estime pour sa personne. Mais je crois qu’il est capable de faire bouger les choses.

Je pense qu’il faut qu’il y ait des réformes, mais il ne faut pas utiliser la démagogie pour auatnt. Il faut identifier les problèmes, et prendre en compte les adaptations nécessaires.

Si la liste de Marc-Philippe Daubresse l'emporte, quel poste aurez-vous dans la prochaine équipe municipale ?

Si nous sommes élus, je serai adjoint, plutôt sur les aspects culturels, mon domaine. Mais j'ai dit au maire actuel que je gardais ma liberté. J'ai un droit d'amendement.

Qu'en pensent les socialistes ?

Quand on est dans des échéances qui approchent, il y a forcément des frictions. Je souhaite avoir le droit à l’indifférence. Il y a des gens qui se détourneront de moi : ceuxqui me détestaient auront encore plus l’occasion de confirmer leur sentiment. Les autres cherchent des explications. Mais au final, je constate que le bilan est globalement positif.

 

12.11.2007

Quand le DAL s'enchaîne

 
Dimanche 11 novembre. D’un côté, une quinzaine de militants du Droit au logement (DAL). De l’autre côté de la route, le même nombre de policiers, immobiles.

Les militants, vêtus de T-shirts jaunes, s’enchaînent aux grilles de la préfecture de Lille, scandent leurs slogans dans un haut-parleur. La rue est vide. Seuls quelques passants attrapent au passage les tracts des hommes en jaune. Le but, soutenir les familles parisiennes de la rue de la Banque, et au-delà, appeler à une action directe du gouvernement. La manière, faire du bruit, troubler la quiétude d'une journée de comémoration.

Venu les soutenir, Yannick Lavenne, des Verts, prévient : "Le logement sera certainement un sujet de débat pour les municipales, même si la ville n’est pas directement compétente, cela se joue au niveau de la communauté urbaine. S’il y a avait une vraie volonté nous pourrions construire de véritables logements sociaux. On a une vraie marge de manœuvre, il faut l’exploiter. Aujourd'hui, pour pouvoir obtenir un logement social, il faut toucher entre 1,5 et 2 fois le SMIC. Ceux qui ne touchent pas cela sont vraiment dans la détresse ne peuvent pas y prétendre. Les collectivités locales et l’Etat ne construisent pas pour ces gens là." Selon lui, le nombre de dossiers en attente sur Lille s'élèveraient à 18 000, et à 30 000 sur la métropole.

 

Un chiffre à multiplier par huit sur la région entière pour Patrick D'Honte, Président du DAL-HLM pour la région Nord- Pas de Calais.

 
Arrivés vers 15 heures, les militants du DAL sont repartis peu avant 17 heures. Un hommes de la préfecture s'est approché d'eux : "Le mieux à faire pour vous est d'envoyer une lettre lundi, il n'y a vraiment que cela. Maintenant je vous laisse cinq minutes." Une discussion s'engage entre les militants. La plupart enlèvent leurs chaînes. Un seul proteste, avant de se libérer et de s'exclamer : "Le préfet, lui, dort tous les soirs au chaud, et mange tous les jours de la viande. Il faut qu'il comprenne que ce n'est pas le cas de tout le monde."
 
De son côté, la mairie de Lille revendique 1960 logement sociaux construit pendant les sept ans du mandat dde Martine Aubry. Elle projette d'entre construire 3 500 d'ici 2011. 
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11.11.2007

L'expo Pinault : incultes, experts et vidéo

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On est branché ou on ne l’est pas. On a du style ou on n’en a pas. C’est selon.

Passage du temps n’a pas tranché, il y avait toutefois de quoi. De l’art contemporain en vidéo, en photo, en lumière : de quoi rebuter l’inculte. Et pourtant il s’y presse, avec femme et enfants. Le rez-de-chaussée de l’exposition en regorge. Le parquet sec et bruyant, les murs épais propagent le craquètement de leurs déplacements. Le vaste espace, le bourdonnement de leurs doutes. « Ya rien à voir, c’est juste une pièce vide filmée la nuit. » Concrètement, oui, l’inculte n’a pas tord. Seul le mot « juste » n’a pas sa place dans la phrase. Mais l’homme a tout de même payé son entrée. Pour ce prix, il veut comprendre, se précipite vers le cartel, s’appuie contre le mur pour le lire dans la position la plus confortable et la moins fatigante possible… et manque de tomber : pas de chance, la cloison est en tissu.

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On s’y bouscule, à l’expo Pinault. A côté des incultes, il y a les connaisseurs. On les remarque tout autant. Chapeau noir vissé sur un crâne rasé, cheveux longs et barbe fleurie, air distant et désabusé : tous différents, mais styles finement réfléchis.

On les entend aussi, les connaisseurs. « Tu te souviens à l’expo truc, c’était le même concept, mais avec une bien meilleure finition. » C’est probablement vrai. Ils s’y connaissent après tout. Sauf qu’au moment présent, on tente d’apprécier l’œuvre proposée, et que les états d’âmes désenchantés d’aigris cultivés viennent perturber un exercice parfois périlleux.

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L’exposition Passage du temps, ne tranche pas. On y trouve de l’underground à côté de ce qui se fait de plus hype. Il y a du concret, du conceptuel. Mais au-delà de la population hétérogène, on trouve au Tri Postal ce qui se fait de mieux.

 

Avec entre autres, Gilbert and George

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 Cindy Sherman

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Michel François (ici dans une autre expo)
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 Ou encore Piotr Uklanski

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Et pour finir, une oeuvre vidéo de Dan Graham, Body Press, ou le spectateur se retrouve entre deux écrans, ou les films proviennent de deux personnes face à des miroirs plus ou moins déformants.

10.11.2007

La bataille de la République


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 Lille, plein centre-ville.
Ils sont là, l'un face à l'autre. Se toisent et se défient. Pour rien au monde, jamais, ils ne lâcheraient une miette de terrain. Le centimètre carré se mue en continent, et le pavé en univers.
Ils sont là, l'un face à l'autre depuis un siècle, prenant à témoin chalands et échalas dans leur guerre de position. Deux vieux généraux inflexibles. D'un côté l'ionique droiture préfectorale, de l'autre le flamboyant corinthien des Beaux-Arts.


Ah, ce qu'elle vaut cher cette République! Pourtant personne n'y reste. On passe, mais on ne lambine pas. Il y vente, il 06bb65287f437ec39b24995507435e87.jpgy pleut. A peine le temps ne nouer son écharpe, à peine le temps de rallumer son mégot. Le froid enveloppe, la pluie détrempe. Et puis les deux autres, là, qui se défient, face à leur place vide, trop heureux du no man's land qu'ils ont créé. La République, une diagonale du vide sous forme de rectangle.


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Ils sont là, l'un face à l'autre, à la vouloir, à la désirer, à s'y défier. Préfecture et Palais des Beaux-Arts, comme deux conceptions antonymes de l'espace.
Ils semblent bien immobiles du haut de leurs colonnes. Mais l'un des deux avance. Doucement. Les beaux-arts ont pris position au milieu de la place, avec la fontaine. Ils ont placé leurs stalagmites sans grotte, menhirs de ciment loupés plantés dans l'eau glacée. Et puis il y a eu l'amphithéâtre. Cratère de béton délaissé du moindre dramaturge, juste sous les fenêtre préfectorales. Défiance.
Mais elle tient bon, la préfecture, derrière ses grilles et dressée d'antennes. Elle tient bon, en attendant le prochain affront.

 

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