23.03.2008

Les déçus des élections - A Hénin-Beaumont, Steeve Briois s'en prend à tout le monde

Il en existe certains pour lesquels la défaite est amère. Steeve Briois, le candidat battu du Front national à Hénin-Beaumont en fait partie.

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Le jeune leader frontiste prédit sur son blog une "gueule de bois" pour les Héninois. Selon lui, 150 personnes ont été embauchées par le maire sortant et réélu dimanche dernier, Gérard Dalongeville, dans les trois mois qui ont précédé l'élection.

"Dalongeville a acheté une partie de la ville avec l’argent des autres, explique-t-il, toujours sur son blog. La douloureuse risque d’être salée. Car les emplois aidés par l’Etat ne l’étant plus depuis trois mois, il faut s’attendre à une augmentation exceptionnelle des impôts locaux."
 
Battu dans les urnes, Steeve Briois espère maintenant gagner devant les tribunaux.  En effet, celui-ci compte obtenir l'inéligibilité de Gérard Dalongeville. Il a d'ailleurs passé la semaine à préparer un recours devant le tribunal administratif qu'il dit avoir déposé vendredi.
 
Le ton du discours de Steeve Briois s'est de fait dégradé depuis deux semaines. Si le jeudi 6 mars, celui qui empruntait la plume de Steeve Briois (le doute est permi sur l'identité du rédacteur, la tête de liste frontiste étant évoqué à la troisième personne) évoquait "un meeting de victoire", dès le lundi 10, l'assurance n'était plus la même. "Changer de maire reste possible", "Non, l'élection du maire n'est pas jouée. 56% des électeurs ont émis un vote de défiance à l'égard du maire en portant leurs suffrages sur des listes d'opposition résolue."
 
Des listes d'opposition, certes. Mais pas uniquement à Gérard Dalongeville. Ces 56% comptaient des voix UMP, LCR et de l'Allaince Républicaine. Des opposants résolus au maire, mais également au FN.  Qu'importe encore une fois. Sentant la défaite approcher, Steeve Briois organise une polémique, en attirant le candidat battu de l'UMP dans les locaux du FN.  Une réunion qui n'a débouché sur aucun accord, mais sur une belle cacophonie, les deux candidats renvoyant l'un sur l'autre le désir de fusionner les listes. Après le second tour, Steeve Briois n'a plus que son score pour se consoler. Une progression de 10 point par rapport à 2001, alors que  "la  plupart de mes collègues de la région perdent plus de 60% de leur électorat." Un petit tacle à destination des détracteurs de Marine Le Pen.
 
Car Hénin-Beaumont n'est pas la seule commune à lui causer bien du tracas. Calais, aussi.
 
La ville a pourtant basculé à droite, avec la victoire de Natacha Bouchart sur le PC Jacky Hénin. Qu'importe pour Steeve Briois. La ville "reste à gauche".
 
  • "Il est de bon ton dans certains milieux de notre famille de pensée de se flatter de l'élection de Mme Bouchart contre le maire communiste de Calais" , regrette-t-il.
 
Décryptage 1. "Dans certains milieux" doit se comprendre, dans un premier temps, comme "dans l'entourage de François Dubout", la tête de liste du Front national à Calais lors des dernières municipales. François Dubout s'est retiré alors qu'il était en position de se maintenir au second tour, fort de plus de 12% des voix.
 
  • "Dans notre famille, les mêmes qui accusent Marine Le Pen de "trahir les fondamentaux" se félicitent d'avoir servi la soupe à Mme Bouchart qui nous crache au visage."
 
Décryptage 2. "Les mêmes qui accusent Marine Le Pen" doit s'entendre "les proches de Carl Lang". Ceux-ci ont été privés de l'investiture FN lors de ces élections, du fait de leur désaccord avec la nouvelle femme forte du parti. Certains évoquaient même un rapporchement possible dans leur ville avec le candidat UMP.


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