03.03.2008
L'amour en campagne (4) - Metz
Je pensais en avoir fini avec le thème du coeur dans la campagne. En réalité il suffi de changer de ville pour retrouver des candidats qui misent sur le palpitant.
A Metz, ils, ou plutôt elles, sont deux.
Nathalie Griesbeck (MoDem), députée européenne. Slogan : "La compétence, le coeur en plus".
Marie-Jo Zimmermann (UMP), députée. Slogan : "Metz au coeur".
Ce n'est plus des billets de blog qu'il faut faire, c'est une thèse.
A lire par ailleurs
08:22 Publié dans Hors les murs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : metz, municipales, griesbeck, zimmermann, rausch, amour, politique
25.02.2008
L'amour en campagne (3) - Front national
Décidément.
Après le "Lille aime" de Martine Aubry, et le logo de campagne de Sébastien Huyghe, c'est au tour du Front national à Hénin-Beaumont, avec Marine Le Pen et Steeve Briois d'adopter la symbolique du coeur pour faire campagne. De la flamme au palpitant, la volonté d'une image plus douce ?

Selon un sondage du 17 février, la liste du Front national receuillerait 31% des voix au premier tour. Le Parti socialiste de Gérard Dalongeville et Marie-Noëlle Lienemann en recolterait 39%. Au second tour, la liste du maire sortant est créditée de 58% des voix contre 42% pour le FN.
A lire par ailleurs
08:07 Publié dans Hors les murs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : municipales, front national, fn, marine le pen, briois, hénin-beaumont
23.02.2008
Socialisme municipal

Vendredi 8 février.
Le président de la République était venu présenter lui-même le plan banlieue de sa ministre, Fadela Amara. Histoire de donner une impulsion à un projet jugé avant même sa présentation comme un peu fade.
Une belle occasion pour le Parti socialiste, d'attaquer, en cette période électorale, où l'Elysée traverse des turbulences. Il n'en a rien été.
Rue de Solférino, au siège du parti, Julien Dray s'est contenté d'ironiser. Autant sur la presse que sur le pouvoir actuel.
Vincent Léna, secrétaire national à la solidarité urbaine, qui s'exprimait avant lui, a simplement expliqué que toutes les mesures du plan ne seraient que du réchauffé. Rien en retour. Pour lui, la principale réponse du PS contre le plan banlieue serait la victoire du parti aux municipales de Mars. Sourire dans l'assistance.
Alors sommes-nous revenu à la vieille SFIO, au socialisme municipal, à très forte implantation locale, comme le prouvent les sondages sur le prochain scrutin qui donnent la gauche gagnante, mais totalement incapable de trouver la moindre place nationale ?
Au niveau de Lille, n'est-ce pas, par exemple, l'image de Martine Aubry, qui, après une carrière parisienne a préféré le beffroi de la mairie à un strapontin de ministre ?
09:00 Publié dans Hors les murs | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Parti socialiste, PS, Dray, municipales, Aubry
22.02.2008
SNCF, l'ouverture aussi
Tiens, un nouveau patron pour la SNCF. Tiens, c'est un ancien collaborateur de Martine Aubry : il a été son directeur de cabinet alors qu'elle était ministre du Travail. Une nouvelle étape de l'ouverture. Peut-être l'a-t-elle prévenu que lorsque les cheminots du Nord font grêve, ce n'est jamais à moitié.
Et lui au fait, est-il au courant de la nouvelle vidéo publicitaire de la sncf ?
Dans un Idtgv, on y croise un gourou de secte vendant des manuels permettant aux jeunes filles de révéler leur scrotum, ou encore encore une dépressive qui fournit la chute de la publicité : "Et toi ? T’as jamais décidé de mettre fin à tes jours ?"
La sncf change de visage.
09:15 Publié dans Hors les murs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sncf, ouverture, politique, Aubry, publicité, Internet
21.02.2008
Jean-Marc Restoux : un ex-SDF cherche un bail à la mairie du VI°
36 000 communes, cela fait beaucoup de candidats, le 9 mars. Au moins un par commune. Seulement, il y a gauche et droite, bien souvent le centre, sans parler des extrêmes. Ce qui donne au moins et au pif au mètre, 100 000 têtes de liste. Et sans évoquer les colistiers. Bref, beaucoup de monde.
Et s’il fallait n’en retenir qu’un, pour le moment, à moins d’un mois du premier tour ?
Entre les parachutés, les dissidents, les loyaux, les légalistes, les loyalistes, les louvoyants, les investis, les désinvestis, les non-inscrits, les historiques, les accrochés. Entre les faux, les vrais, les honnêtes, les menteurs, les riches, les pauvres, les bavards et les timides.
Peut-être celui-ci, Jean-Marc Restoux, dans le VI° arrondissement à Paris. Il doit aujourd'hui déposer officiellement sa liste.
Ex-SDF, il paraît au premier abord un peu loufoque. Quel drôle d’idée ! Lui, le déshérité, faire campagne boulevard Saint-Germain ? Le nom de sa liste : "Un autre son de cloche".
Crinière blanche et barbe hirsute, veste limée et peau tannée, il n’a pas, a priori, le look habituel du candidat.
Son seul et unique bagage : 54 ans, dont la moitié passés dans la rue. Depuis 27 ans, presque sans interruption, il occupe le même bout de trottoir entre les très chics cafés de Flore et des Deux Magots, coincé entre une librairie et un kiosque à journaux. Irréaliste ? Pas tant que cela.
Micro candidat qu’il est, il n’en à pas moins un emploi du temps de ministre. En campagne, continuellement, malgré qu’il s’en défende. Sa bataille, il la mène pour le moment dans les médias. Le Parisien, BFM TV, France 3, RFI, Europe 1, etc. En ce moment, tous les jours un rendez-vous. Pour l’aider, il a derrière lui son staff. Un directeur de campagne, réalisateur venu tourner un documentaire sur lui, et tombé sous le charme, ainsi que plusieurs bénévoles. Ceux-ci l’aident à gérer son emploi du temps, et à surmonter toutes les étapes administratives.
Pas le look d’un politique, donc. Mais il a cela dans le sang.
« Ma grand-mère était adjointe de Chaban-Delmas à Bordeaux », explique-t-il. Il avait déjà pensé tenter l’aventure à la présidentielle, avant de revenir à la réalité. 500 signatures, c’est tout de même beaucoup.
Il était des Don Quichotte l’an dernier. Une expérience qui lui a montré qu’avec de la volonté, on peut faire changer les choses. Alors lorsque Jacques Deroo de l’association « Salaud de pauvre ! » est arrivé avec la volonté de présenter des listes de SDF, Rmistes et chômeurs, il a sauté sur l’occasion.
Depuis, il a reçu un soutien de poids, celui de l’écrivain Frédéric Begbeider.

Tout roule donc pour Jean-Marc Restoux, à un seul détail près : les caisses sont vides.
« En ce moment j’ai un budget de 50 euros », lâche-t-il. « Je vais faire un emprunt à ma banque, je vais me mettre à découvert. De toute façon, je vais faire plus de 5%, je serai donc remboursé à 50% de mes frais. »
« Sur mon trottoir je vais faire deux caisses. Une pour moi, parce que si je ne fais plus la manche, je n’ai plus d’argent pour bouffer, une pour la campagne, ou les dons seront notés précisément pour faire les comptes de campagne. »
La gouaille, c’est un peu sa force. Il fait les marchés, comme les autres.
« Faut acheter quelque chose, sinon c’est comme à Neuilly, tu te fais virer. »
Car comme tout bon candidat, il suit de près l’actualité, au point de lancer un appel au secrétaire général de l’Elysée, ex-tête de liste à Neuilly, David Martinon.
Son programme, il ne souhaite pas en parler avant le dépôt définitif de sa liste. La crainte envers l’administration des gens de la rue, de ceux qui ont vécu hors système, le tenaille toujours. Il faudra attendre le dépôt officiel de la liste, qui devait se faire aujourd'hui. Tout juste consent-il à dévoiler le projet d’une « maison de quartier, où les citoyens pourraient venir débattre de toutes les décisions du maire ». Mais il le promet, son programme sera social avant tout.
Ce qui le révolte : le prix des loyer, et la nouvelle population du quartier. « Il n’y a que des SDF à Saint-Germain. Des Sans domiciles fixes et des Sans difficultés financières. »
Malgré tout, il tient à préciser les choses. « Ma liste est apolitique, même si j’ai le cœur qui penche à gauche. La gauche et la droite peuvent fonctionner ensemble à l’échelle d’un quartier comme Saint-Germain. »
Sa liste, justement, est constituée. 13 ou 14 noms, « des gens du quartier, qui connaissent bien les lieux et la population, pour faire une vraie campagne de terrain ». « La composition de la liste touche un peu tout le monde : il y a un médecin, des commerçants, un artiste, un informaticien, un ancien SDF, un réalisateur, un journaliste… »
Aujourd’hui, Jean-Marc Restoux n’est plus SDF. Il est hébergé par Emmaüs, rue de Bucy, des locaux où il y a quelques années encore, logeaient des énarques. Un signe ?
Jean-Marc Restoux, n’a pas de local de campagne. Pas non plus de quoi se payer une salle pour une réunion publique. Ses meeting, il les fera « sur la place Saint-Germain, juste à côté. »
« Jean-Marc représente un vrai modèle de réinsertion, explique son directeur de campagne. Il a passé 30 ans dans la rue, a retrouvé un logement et monte une liste pour les municipales. »
« Compte tenu de l’abstention à la dernière élection, il suffi de 1600 voix pour obtenir 5%, poursuit-il. Ce n’est pas le bout du monde. »
« Au début, tout le monde à pris cela pour une vaste blague. Mais maintenant, les choses son en train de prendre. Beaucoup de bourgeois vont certainement voter pour lui, juste pour faire un pied de nez au système. »
11:35 Publié dans Hors les murs | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Paris, SDF, logement, municipales, politique, restoux
19.02.2008
Facebook tape dans l'extrême droite
Facebook fait dans la publicité. Ca fait plusieurs mois qu’on le sait. Mais parfois, celle-ci apparaît franchement douteuse.
Comment expliquer cette publicité pour l’ouvrage L’Islamisation de la France, signé Joachim Véliocas ? Le seul titre suffit à faire naître le soupçon.
Visiblement, plusieurs publicités sont utilisées pour toujours arriver à la même source. Ainsi, une autre annonce commence avec le slogan : Attali ou Attila : deux millions d'étrangers chaque année en France voilà ce que proposait Jacques Attali dans son livre L'Homme nomade.
Attali ou Attila, la formule est de Marine Le Pen…

Un simple clic sur l’annonce, et nous voilà sur le blog de l’auteur. Un rapide coup d’œil pour se rendre compte des propos qui y sont distillés. La bannière ? Une mosquée, un drapeau français et une Tour Eiffel flanqués d’un croissant islamique et de femmes voilées.

Il n’est presque pas surprenant d’y trouver un lien vers Novopress, site d’information d’extrême droite.
L'auteur étale ses participations aux conventions identitaires, et affirme sa solidarité avec la distribution de la soupe au porc par, justement, des identitaires aussi...
Et en guise d'observatoire, un blog en réalité entièrement tourné vers la lutte contre "l'islamisation".
Une publicité plus que douteuse, donc, pour Facebook. Et ce n'est pas la première fois que cela arrive.
06:35 Publié dans Hors les murs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Internet, Facebook, extrême droite, identitaire, islam
18.02.2008
Le jour où la Constitution s’évapora (2)

Le Front national avait décidé d’y aller seul. Officiellement, il n’était pas à Versailles, avec les autres souvrainistes. Pourquoi ? Il y a la thèse officielle. La date de son rassemblement anti-constitution à lui, c’était le 6 février, jour où les députés devaient examiner le Traité européen pour l’adopter.
Et ils étaient 200, du dernier carré, à venir boire les bonnes paroles de Bruno Gollnisch et de Jean-Marie Le Pen, sur leur petit camion-podium amovible, juste derrière l'Assemblée nationale.
Quatre hommes en uniforme passent derrière le camion. « Vive l'armée ! », crie l'un des manifestants. Le ton est donné.
Sacré symbole tout de même que de venir aux abords de l’Assemblée en ce jour anniversaire.
Un symbole que Bruno Gollnisch ne rejette absolument pas.
Selon lui ces manifestations ont fait « une cinquantaine » de morts, bilan amplement surévalué en comparaison de toutes les autres sources historiques. De plus les manifestants « n’asseyaient pas du tout d’envahir l’Assemblée nationale », affirmation, en une fois, en contradiction avec tous les récits historiques.
Le temps pour moi de m’éloigner, de croiser quelques jeunes de l’Action française, lunettes vitrées, cuir noir, écharpe blanche, d’en croiser d’autres aux oreilles bien dégagées, juste le temps pour moi de m’éloigner pour entendre le fameux slogan, scandé encore, et encore :
12:55 Publié dans Hors les murs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Europe, FN, Front national, Le Pen, Gollnisch
17.02.2008
Le jour où la Constitution s'évapora

Versailles
C’était un jour sans vent, sans nuage et sans soleil. C'était un lundi. Les Représentants du peuple s’étaient donnés rendez-vous dans un château, symbole immortel de l'absolutisme, de la royauté, de l’arbitraire. Ils s’étaient donnés rendez-vous pour aller en Congrès, pour défaire à quelques centaines ce que plusieurs millions avaient construit. Ils s’étaient donnés rendez-vous à l’abris, derrière la police, et de lourdes barrières.
Une monarchie élective dites-vous ? Parlement, chambre d’enregistrement ? Ne soyez pas si eurosceptique.
Eurosceptiques, certains le sont et l’assument pleinement.


De-ci, de-là, des drapeaux. Pas les mêmes, mais ce jour là, tous des sans-culottes à l'assaut de Versailles. A gauche, les Besancenot, les Bové, les Mélanchon. A droite, les Couteau, les Dupont-Aignan. Communards et Versaillais. Entre les deux clans, une avenue, et la police.
Le leader du MPF à Paris, Paul-Marie Couteau, a pu recruter quelques fidèles dans la ville du Roi soleil. En guise de tribune, une motte de terre. 
« Les République finissent toujours mal en France. »
Selon lui, tous les parlementaires votant oui devraient finir en prison.
« L’histoire retiendra leur nom ». A défaut de son non. « Nous allons en publier la liste. »
« Ce qui est foulé au pied, c’est la souveraineté nationale et la démocratie. Or, il n’y a pas de démocratie sans souveraineté nationale. »
On hisse les drapeaux, on acclame son pays, et chose surprenante, on décide d’aller rejoindre les copains de gauche.
Une petite pause devant le monument aux morts, minute de silence, Marseillaise. Nicolas Dupont-Aignan, arrivé en retard, prend le train en marche.
« Vous lavez le déshonneur de mes collègues. Je ne suis pas là pour trahir le peuple, mais pour le respecter. C’est un triste jour, mais le début d’une renaissance. Non, nous ne pouvons pas accepter ce coup d’Etat. »
Les drapeaux sont frappés de la croix de Lorraine, ici ou là on entend :« Vive la France libre ! ». Ils se posent en derniers résistants. Au MPF, certains se sont grimés en révolutionnaires, mode 1789, ont mis leurs drapeaux tricolores en berne. Chacun joue sur ses références.
Les gauchistes, donc. Impossible de les rejoindre. La police veille. En bon général, Paul-Marie Couteau connaît le champ de bataille. « On va passer par le Monoprix ». Un raccourci qui permet de passer sous un pâté de maison, et d’éviter le cordon de CRS. Ni une, ni deux, il amène ses troupes derrières lui, les forces de l’ordre sont dépassées.
Le magasin est envahi. Une marée de bleu, de blanc, de rouge. Des dizaines de drapeaux au milieu des soutiens gorges et des mamies souverainistes heureuses d’un petit moment de folie.
La troupe arrive à quelques centaines de mètre de la gauche. Mais on dira ce que l’on voudra, un CRS, même harnaché comme un chevalier, cela court tout de même plus vite qu’un groupe de retraités.
Et c’est l’arroseur arrosé. Ils sont encerclés, et, il faut bien le dire, horrifiés par les méthodes de la police. Pris d’un réflexe patriotique, ils entonnent : « La France aux Français ! »
15:30 Publié dans Hors les murs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : MPF, Dupont-Aignan, Congrès, Versailles, manifestation, Europe
23.11.2007
Le Front national en congrès, la famille Le Pen en démonstration

Car le Front national (FN) en congrès, c'est avant tout une chose : le rassemblement autour du chef. Qu'il soit critiqué, ou pas. Bien que certains ne le suivent plus de bon coeur, ils lui renouvellent tout de même leur confiance. Quand il parle, on l'écoute. Attentivement. Après 35 ans à la tête du mouvement, Jean-Marie Le Pen est toujours là, pas près de lâcher le parti.




Au congrès du FN, il y a les couleurs. Du bleu, du blanc, du rouge. En drapeau, en briquet, en affiche et même en tente de camping. Et encore du blanc et du rouge, en liquide cette fois. Les vins patriotiques montent aux créneaux. Nous sommes à Bordeaux que diable!
Au congrès du FN, un Le Pen peut en cacher un autre. Un peu plus tôt dans la journée, Marine Le Pen a pris la parole, avec des accents lyriques que l'on a connu avant chez son père. Ferme et énergique. Elle a tenté de montrer qu'elle aussi pouvait prendre le parti. Un jour peut-être.
Mais dehors les critiques fusent. "Fausse", "vendue à l'UMP", "fille à papa". Des discussions franches qui réduisent en quelques minutes les efforts de Marine Le Pen pour séduire la droite du parti. Celle qui ne veut pas de normalisation, celle qui veut continuer à être "le caillou dans la chaussure de la démocratie".
16:15 Publié dans Hors les murs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Font national, Le Pen, politique




