21.03.2008

Rumeur - le printemps est arrivé

 
 
Qui a osé un jour être sacarstique sur le temps dans le Nord?
 

Ce qui est terrible dans l'histoire, c'est que ce n'est pas fini...

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24.02.2008

Un coup d'anti-pub dans la campagne

La peinture était pourtant prête, l’objectif tout désigné.

 

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La victime : un panneau publicitaire situé au croisement des rues Colbert et Gambetta. Le lieu : Wazemmes, jour de marché.

 

Il flottait comme un air de politique à ce carrefour. Dans deux semaines, c’est le premier tour des municipales, alors ça tracte en tous coins. Les candidats furètent entre les travées, à l’affût. La moindre main à serrer peut se transformer en voix dimanche 9 mars. Alors il y a du monde, regoupé sur ce petit coin de pavés.

 

Les déboulonneurs, eux, ne se présentent pas, mais compte bien intervenir dans la campgane. La troupe d’une vingtaine n’est venue qu’avec un message, « Voter contre la pub », et la volonté farouche de barbouiller à la peinture  le dit panneau. C'est cela "déboulonner", « faire tomber la publicité de son piédestal », comme l'indique leur communiqué.

 

« Le but c’est de se faire interpeller, précise l’un d’eux. Pour le moment, on ne sait pas trop pourquoi, mais cela ne marche pas. » Lors des dernières actions quelques uns ont bien fini au poste, mais sans suite.

 

Ils espèrent qu’une plainte, puis un procès, pourra rendre leur cause audible.

 

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C’est donc juchés sur un drôle d’engin, bricolé avec deux roues, trois tubes en ferraille et quatre planches qu’ils arrangent la foule, et les militants politiques. A l’arrière, on s’active. Le barbouillage du panneau doit commencer, alors que les curieux, assemblés devant l’orateur, pourront assister au spectacle.

 

C’était sans compter sur les policiers municipaux. Ces derniers relevent les identités des manifestants, et devant leur détermination menacent de sanctions.

 

- « On vous prévient, on vous interpelle si vous barbouillez ! »

- « Mais tant mieux, c’est le but. »

 

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Bloqués. Impossible d’accéder au panneau.

 

Qu’importe, à côté, les politiques ont pris le micro.

 

Danielle Poliautre, adjointe de Martine Aubry et présidente du conseil de quartier de Wazemmes est la première.

 

« La volonté de la ville a toujours été de vouloir recadrer la publicité, explique-t-elle. Martine Aubry n’est pas pour doper la publicité. » Et de citer l’exemple du futur « contrat vélo, qui ne sera pas lié à la publicité mais à Transpole. »

 

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Au tour de Marie-Pierre Bresson des Verts, colistière d’Eric Quiquet de renchérir, en expliquant que les « panneaux publicitaires sont un véritable obstacle. ». Puis d’un membre de la liste « Un autre Lille est possible » (LCR), d’expliquer qu’il y a « urgence démocratique et sociale ». Et enfin de Frédéric Lambin, colistier de Jacques Richir, de placer un mot, qu’au « nom du MoDem, je soutient cette démarche. »

 

Le temps passe, la police s’agace. Les agents menancent d’embarquer pour « trouble à l’ordre public », puis pour « tentative de dégradation ».

 

Alors un coup dans l’eau ?

 

« C’est quelque chose d’exceptionnel, explique un déboulonneur, aussi surpris que dépité. C’est bien la première fois que l’on n’arrive pas à barbouiller. »

 

« Ce n’est pas un échec, rétorque une autre. Plusieurs membres de partis politiques se sont exprimés, ils ont pris position contre la publicité, il y a eu débat. »

 

Les déboulonneurs demandent que la taille d’affichage de la publicité ne dépasse pas 50x70 cm. La même que pour l’affiche associatif ou politique.

02.02.2008

La rue est vers l'art

Rue Molière, à Lille

 

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30.01.2008

Petite courtoisie policière

Extrait d’un reportage de France 3


podcast

Ce matin les taxis manifestaient dans toute la France. Ils étaient donc 200, du côté de Lille, selon la chaîne d’information régionale.

Pendant ce temps là, les CRS, eux patientaient, autours de la place de la République. Evidemment pas avec un dispositif aussi imposant que lors du déplacement de Nicolas Sarkozy, mais la place était tout de même cernée de fourgonnettes blanches et bleues. Au point de se demander qui manifestait.

Sur le pied de guerre depuis le petit matin, le temps a dû être long pour les gardiens de la sécurité publique. Très long. Au point que l’un d’entre eux, peu après 13h, sorte en trombe de son véhicule, furibond. L’objet de sa colère : deux personnes fumant des cigarettes roulées.

 « Faut pas se gêner ! », se saisissant des dîtes cigarettes, rouge de colère.

« C’est du tabac » rétorquent les autres.

« Dans le doute ! », il jette les roulées par terre, dans l’eau stagnante, repart le pas décidé vers sa camionnette où il s’enferme.

Abus de pouvoir ?

 Voici ce qui précise le Guide paratique de la déontologie dans la police nationale, évoqué sur raidh.org

 « La relation entre la police et le public s’établit quotidiennement à l’occasion de multiples situations. Le citoyen est en droit d’attendre du fonctionnaire de police à la fois une contribution active à sa sécurité et un traitement courtois. Le policier s’efforcera donc d’associer une disponibilité totale à un comportement personnel exemplaire. Il contribuera ainsi à rehausser l’image du service public dont il est le représentant ».

Dans la simple altercation évoquée ci-dessus, il y a déjà trois manquements à la règle.

Ce qui en théorie peut aller loin, si l’on se réfère à ce texte du Sénat.

« Les manquements à ses dispositions sont, d'après l'article 6, susceptibles d'entraîner des sanctions disciplinaires, voire pénales. »

29.01.2008

Sacs en coton invisibles

La vie est belle, les oiseaux chantent, les sacs sur les marchés sont réutilisables. Hein, réutiliquoi ?

Si si, c'est la belle voix électronique de la mairie de Lille qui l'affirme.

podcast 

Alors, comme dirait l'autre, pourquoi ressortir cela maintenant ? Non pas que je sois obsédé par Wazemmes, ses bobos, sa toujours pauvreté quoi qu'on en dise, ses briques rouges ou ses bars pas toujours bien famés. La faute, l'unique, la seule, incombe aux Verts.

Car ils l’affirment, des milliers de sacs réutilisables ont bien été distribués sur les marchés lillois depuis 2006.

 

Un peu comme ceux-ci :

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Ces belles besaces ont été remises aux "habitués des marchés lillois". Première nouvelle. A wazemmes, on a plus l'habitude de voir cela :

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En général, les fins de marché ressemblent plus à un champ de bataille qu'à une coopérative labellisée Max Havelaar. Et si les commerçants s'emploient sans relâche à remplir les poubelles mises à disposition de la municipalité, les sacs plastiques, eux, volent au vent, immondes méduses aériennes.

Alors pourquoi aussi peu d'utilisateurs du sac écolo-équitable ? Parce qu'il fallait être un « habitué ». Pas de délit de faciès, on n'a sans doute pas écarté de la distribution ceux qui étaient de passage, ne fréquentant le marché qu'occasionnellement. Non, il suffisait d'être, ce mardi matin du 31 octobre 2006, sur le marché de Wazemmes. En pleine semaine. Un jour où il n'y a pas grand monde place de la Nouvelle Aventure. Un jour où tout le monde travaille. Bref, une initiative louable, mais invisible.

Alors, flagrant délit de communication mal placée de la part des Verts ? 

Qu’importe, puisque l'opération est toujours en cours. Pour les commerçants, « la possibilité existe [...] de vendre ces mêmes sacs réutilisables. Qu’ils n’hésitent pas ! »

Ils n’hésitent pas, leur décision est déjà prise. Ils ne le font pas. Difficile dans le feu de l'action, entre un kilo de tomates, deux de pommes de terre et trois poireaux, de prendre le temps de proposer le sac ami de la nature, tout en pesant tant bien que mal le tout sur la balance, sans sac plastique.

Ces remarques, pratiques, me font penser aux critiques que les marchands adressaient à la mairie l'an dernier. « Trop loin des réalités du terrain. » Ceux-ci se prenaient des amendes en fin de marché parce qu'il ne remballaient pas assez vite. Leur rencoeur allait particulièrement contre Martine Carlier, déléguée aux marchés en plein air. Celle-là même qui était à l'initiative des sacs.

28.01.2008

Déboulonné

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 (Source photo)

 

C'est la logique du kamikaz. Ou de José Bové, c'est selon. Se sacrifier pour servir la cause. Les écolos urbains lillois ont choisi cette tactique.

Oh, ils ne vont pas se faire sauter Grand Place avec 10 kilos d'explosifs. Mais se faire condamner, oui.

Le 23 janvier dernier, un déboulonneur c'est fait attrapé par la police. On lui reproche d'avoir barbouillé une publicité avec les slogants : "Pub = Pollution visuelle et mentale" et " Penser au lieu de dé-penser ; 50 X 70 cm". Il s'est fait chopé, tant mieux, expliquent les écolos.

"Le collectif des déboulonneurs de Lille se félicite de cette interpellation et espère obtenir prochainement un procès (comme ceux qui auront lieu très prochainement à Paris et Amiens) afin d'ouvrir un débat public sur la confiscation de l'espace public par l'affichage publicitaire."

Le seul ennui c'est que l'on entend pas réellement parler des deux autres procès. Un coup pour rien?

27.01.2008

La vie en bleu


Pas de carnet, pas d'appareil photo. Tel le bobo dont l’image m'exècre, j'allais en quête de mon poulet dominical à Wazemmes, dans l’insouciance totale, les mains dans les poches, le cœur décidé.

C’était sans compter sur les petites mains de Martine Aubry. Elles me sont tombées dessus. Pourtant toutes douces, recouvertes de leurs nouvelles tuniques, mais vigoureuses, labourant sans relâche le terrain du marché. Non pas vraiment les siennes, de mains. J’imagine bien qu’à cette heure, elles tenaient plutôt fourchettes et couteaux, plutôt que des tractes. C'étaient celles des militants socialistes.

Bref, eux étaient courageux, à l’épreuve du feu du terrain. Moi désemparé, sans arme pour m’y engager. Forts du dernier sondage en date qui donne à la fille Delors une avance confortable, ils quadrillent le quartier.

La tunique ? Une écharpe bleue, de la même couleur que le programme de Martine Aubry. Tous l’abordent, sauf peut-être Alain Cacheux, qui ne s’est pas séparé de son cache-nez rouge, plus traditionnel pour un socialiste.

Mais pourquoi donc un programme bleu blanc rouge ? Ca fait sacrément Ségolène Royal tout de même… Après les débats participatifs nouvelle mouture, il faut croire que le laboratoire d’idées de la présidentielle a été correctement exploité.

« C’est parce que ce sont les couleurs de la France », m’explique l’un d’eux. Pas bête l’animal. Cela ne m’avait pas traversé l’esprit. Oui mais pas très socialiste. « Ce n’est pas une liste socialiste. Il y a des gens de partout sur la liste, même de droite. » Ni une ni deux, il retourne le programme, m’exhibe la photo de la liste. « Ah mince, on n’a pas indiqué lesquels s’étaient. On a un peu de mal à s’en rendre compte. Mais c’est important de ne plus faire des tracts rouges. Ca représente trop le communisme. Ici, on va piéger la droite, ça va leur faire tout drôle quand ils vont voir que le bleu ne leur ait pas réservé. » La politique est un jeu où la cruauté ne connaît aucune barrière. Aucun militant UMP pour réagir à ce coup bas. Sous doute sont-ils terrifiés.

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Devant le QG de campagne de Martine Aubry, juste à l’entrée du marché, une militante à l’écharpe bleue m’explique qu’il y a « des gens de plusieurs partis, socialiste, communiste, radical. La candidature de Martine Aubry rassemble plusieurs tendances, qui ont toutes leur place dans cette maison de campagne. » Mais quand même ce bleu, il est proche de celui de l’UMP. « Non il est un peu plus clair. » « Et puis, c’est la couleur préférée de Martine. » Confidence.

Différents horizons pour un bleu qui ne l’est pas moins. A défaut de voir la vie en rose, les socialistes préfèrent en écarter les nuages.

16.01.2008

L'amour en campagne

J’aime
Tu aimes
Il aime
Nous aimons
Vous aimez
Ils aiment

Petite révision avant examen final. Pas de faute, tout va bien. Mais le tout n’est pas d’en parler. Plutôt d’agir.

En politique, on parle peu d’amour. Sauf à Lille.

Martine Aubry l’a clamé partout, Lille aime. Sébastien Huyghe quant à lui préfère associer à son nom un pictogramme explicite.

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Après tout, peut-être que la campagne commence dans la bonne humeur et que bientôt, les meeting seront remplacés par des clubs de rencontre. Nous n'en étions déjà pas loin lors de la dernière campagne législative. Ou alors les deux candidats ont choisi la même boîte de communication, qui a simplement recyclé son idée. 

12.11.2007

Quand le DAL s'enchaîne

 
Dimanche 11 novembre. D’un côté, une quinzaine de militants du Droit au logement (DAL). De l’autre côté de la route, le même nombre de policiers, immobiles.

Les militants, vêtus de T-shirts jaunes, s’enchaînent aux grilles de la préfecture de Lille, scandent leurs slogans dans un haut-parleur. La rue est vide. Seuls quelques passants attrapent au passage les tracts des hommes en jaune. Le but, soutenir les familles parisiennes de la rue de la Banque, et au-delà, appeler à une action directe du gouvernement. La manière, faire du bruit, troubler la quiétude d'une journée de comémoration.

Venu les soutenir, Yannick Lavenne, des Verts, prévient : "Le logement sera certainement un sujet de débat pour les municipales, même si la ville n’est pas directement compétente, cela se joue au niveau de la communauté urbaine. S’il y a avait une vraie volonté nous pourrions construire de véritables logements sociaux. On a une vraie marge de manœuvre, il faut l’exploiter. Aujourd'hui, pour pouvoir obtenir un logement social, il faut toucher entre 1,5 et 2 fois le SMIC. Ceux qui ne touchent pas cela sont vraiment dans la détresse ne peuvent pas y prétendre. Les collectivités locales et l’Etat ne construisent pas pour ces gens là." Selon lui, le nombre de dossiers en attente sur Lille s'élèveraient à 18 000, et à 30 000 sur la métropole.

 

Un chiffre à multiplier par huit sur la région entière pour Patrick D'Honte, Président du DAL-HLM pour la région Nord- Pas de Calais.

 
Arrivés vers 15 heures, les militants du DAL sont repartis peu avant 17 heures. Un hommes de la préfecture s'est approché d'eux : "Le mieux à faire pour vous est d'envoyer une lettre lundi, il n'y a vraiment que cela. Maintenant je vous laisse cinq minutes." Une discussion s'engage entre les militants. La plupart enlèvent leurs chaînes. Un seul proteste, avant de se libérer et de s'exclamer : "Le préfet, lui, dort tous les soirs au chaud, et mange tous les jours de la viande. Il faut qu'il comprenne que ce n'est pas le cas de tout le monde."
 
De son côté, la mairie de Lille revendique 1960 logement sociaux construit pendant les sept ans du mandat dde Martine Aubry. Elle projette d'entre construire 3 500 d'ici 2011. 
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10.11.2007

La bataille de la République


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 Lille, plein centre-ville.
Ils sont là, l'un face à l'autre. Se toisent et se défient. Pour rien au monde, jamais, ils ne lâcheraient une miette de terrain. Le centimètre carré se mue en continent, et le pavé en univers.
Ils sont là, l'un face à l'autre depuis un siècle, prenant à témoin chalands et échalas dans leur guerre de position. Deux vieux généraux inflexibles. D'un côté l'ionique droiture préfectorale, de l'autre le flamboyant corinthien des Beaux-Arts.


Ah, ce qu'elle vaut cher cette République! Pourtant personne n'y reste. On passe, mais on ne lambine pas. Il y vente, il 06bb65287f437ec39b24995507435e87.jpgy pleut. A peine le temps ne nouer son écharpe, à peine le temps de rallumer son mégot. Le froid enveloppe, la pluie détrempe. Et puis les deux autres, là, qui se défient, face à leur place vide, trop heureux du no man's land qu'ils ont créé. La République, une diagonale du vide sous forme de rectangle.


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Ils sont là, l'un face à l'autre, à la vouloir, à la désirer, à s'y défier. Préfecture et Palais des Beaux-Arts, comme deux conceptions antonymes de l'espace.
Ils semblent bien immobiles du haut de leurs colonnes. Mais l'un des deux avance. Doucement. Les beaux-arts ont pris position au milieu de la place, avec la fontaine. Ils ont placé leurs stalagmites sans grotte, menhirs de ciment loupés plantés dans l'eau glacée. Et puis il y a eu l'amphithéâtre. Cratère de béton délaissé du moindre dramaturge, juste sous les fenêtre préfectorales. Défiance.
Mais elle tient bon, la préfecture, derrière ses grilles et dressée d'antennes. Elle tient bon, en attendant le prochain affront.