18.02.2008

Le jour où la Constitution s’évapora (2)

 

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Le Front national avait décidé d’y aller seul. Officiellement, il n’était pas à Versailles, avec les autres souvrainistes. Pourquoi ? Il y a la thèse officielle. La date de son rassemblement anti-constitution à lui, c’était le 6 février, jour où les députés devaient examiner le Traité européen pour l’adopter.

Et ils étaient 200, du dernier carré, à venir boire les bonnes paroles de Bruno Gollnisch et de Jean-Marie Le Pen, sur leur petit camion-podium amovible, juste derrière l'Assemblée nationale.

Quatre hommes en uniforme passent derrière le camion. « Vive l'armée ! », crie l'un des manifestants. Le ton est donné.

 


 

Sacré symbole tout de même que de venir aux abords de l’Assemblée en ce jour anniversaire.

Un symbole que Bruno Gollnisch ne rejette absolument pas.

« C'est un symbole qui ne nous fait pas peur. Le 6 février 1934, c'était déjà le peuple qui manifestait contre la corruption des élites politiques. Si vous aviez eu cela pour une manifestation de gauche, le souvenir en serait célébré chaque année. Pourquoi aurions-nous honte de ce symbole? »

Selon lui ces manifestations ont fait « une cinquantaine » de morts, bilan amplement surévalué en comparaison de toutes les autres sources historiques. De plus les manifestants « n’asseyaient pas du tout d’envahir l’Assemblée nationale », affirmation, en une fois, en contradiction avec tous les récits historiques.

 

« Rassurez-vous, s’est-il éloigné avec un sourire. Nous n’allons pas essayer de prendre d’assaut l’Assemblée nationale, et j’espère que Madame Alliot-Marie n’enverra pas l’armée pour tirer sur nous. »

Le temps pour moi de m’éloigner, de croiser quelques jeunes de l’Action française, lunettes vitrées, cuir noir, écharpe blanche, d’en croiser d’autres aux oreilles bien dégagées, juste le temps pour moi de m’éloigner pour entendre le fameux slogan, scandé encore, et encore :

« Bleu, blanc, rouge, la France aux Français ! »
Un peu plus tard le soir d'autres ont célébré le 6 février. J'en ai croisé une bande, une quarantaine, tous en noir, le cheveux raz.