21.02.2008
Jean-Marc Restoux : un ex-SDF cherche un bail à la mairie du VI°
36 000 communes, cela fait beaucoup de candidats, le 9 mars. Au moins un par commune. Seulement, il y a gauche et droite, bien souvent le centre, sans parler des extrêmes. Ce qui donne au moins et au pif au mètre, 100 000 têtes de liste. Et sans évoquer les colistiers. Bref, beaucoup de monde.
Et s’il fallait n’en retenir qu’un, pour le moment, à moins d’un mois du premier tour ?
Entre les parachutés, les dissidents, les loyaux, les légalistes, les loyalistes, les louvoyants, les investis, les désinvestis, les non-inscrits, les historiques, les accrochés. Entre les faux, les vrais, les honnêtes, les menteurs, les riches, les pauvres, les bavards et les timides.
Peut-être celui-ci, Jean-Marc Restoux, dans le VI° arrondissement à Paris. Il doit aujourd'hui déposer officiellement sa liste.
Ex-SDF, il paraît au premier abord un peu loufoque. Quel drôle d’idée ! Lui, le déshérité, faire campagne boulevard Saint-Germain ? Le nom de sa liste : "Un autre son de cloche".
Crinière blanche et barbe hirsute, veste limée et peau tannée, il n’a pas, a priori, le look habituel du candidat.
Son seul et unique bagage : 54 ans, dont la moitié passés dans la rue. Depuis 27 ans, presque sans interruption, il occupe le même bout de trottoir entre les très chics cafés de Flore et des Deux Magots, coincé entre une librairie et un kiosque à journaux. Irréaliste ? Pas tant que cela.
Micro candidat qu’il est, il n’en à pas moins un emploi du temps de ministre. En campagne, continuellement, malgré qu’il s’en défende. Sa bataille, il la mène pour le moment dans les médias. Le Parisien, BFM TV, France 3, RFI, Europe 1, etc. En ce moment, tous les jours un rendez-vous. Pour l’aider, il a derrière lui son staff. Un directeur de campagne, réalisateur venu tourner un documentaire sur lui, et tombé sous le charme, ainsi que plusieurs bénévoles. Ceux-ci l’aident à gérer son emploi du temps, et à surmonter toutes les étapes administratives.
Pas le look d’un politique, donc. Mais il a cela dans le sang.
« Ma grand-mère était adjointe de Chaban-Delmas à Bordeaux », explique-t-il. Il avait déjà pensé tenter l’aventure à la présidentielle, avant de revenir à la réalité. 500 signatures, c’est tout de même beaucoup.
Il était des Don Quichotte l’an dernier. Une expérience qui lui a montré qu’avec de la volonté, on peut faire changer les choses. Alors lorsque Jacques Deroo de l’association « Salaud de pauvre ! » est arrivé avec la volonté de présenter des listes de SDF, Rmistes et chômeurs, il a sauté sur l’occasion.
Depuis, il a reçu un soutien de poids, celui de l’écrivain Frédéric Begbeider.

Tout roule donc pour Jean-Marc Restoux, à un seul détail près : les caisses sont vides.
« En ce moment j’ai un budget de 50 euros », lâche-t-il. « Je vais faire un emprunt à ma banque, je vais me mettre à découvert. De toute façon, je vais faire plus de 5%, je serai donc remboursé à 50% de mes frais. »
« Sur mon trottoir je vais faire deux caisses. Une pour moi, parce que si je ne fais plus la manche, je n’ai plus d’argent pour bouffer, une pour la campagne, ou les dons seront notés précisément pour faire les comptes de campagne. »
La gouaille, c’est un peu sa force. Il fait les marchés, comme les autres.
« Faut acheter quelque chose, sinon c’est comme à Neuilly, tu te fais virer. »
Car comme tout bon candidat, il suit de près l’actualité, au point de lancer un appel au secrétaire général de l’Elysée, ex-tête de liste à Neuilly, David Martinon.
Son programme, il ne souhaite pas en parler avant le dépôt définitif de sa liste. La crainte envers l’administration des gens de la rue, de ceux qui ont vécu hors système, le tenaille toujours. Il faudra attendre le dépôt officiel de la liste, qui devait se faire aujourd'hui. Tout juste consent-il à dévoiler le projet d’une « maison de quartier, où les citoyens pourraient venir débattre de toutes les décisions du maire ». Mais il le promet, son programme sera social avant tout.
Ce qui le révolte : le prix des loyer, et la nouvelle population du quartier. « Il n’y a que des SDF à Saint-Germain. Des Sans domiciles fixes et des Sans difficultés financières. »
Malgré tout, il tient à préciser les choses. « Ma liste est apolitique, même si j’ai le cœur qui penche à gauche. La gauche et la droite peuvent fonctionner ensemble à l’échelle d’un quartier comme Saint-Germain. »
Sa liste, justement, est constituée. 13 ou 14 noms, « des gens du quartier, qui connaissent bien les lieux et la population, pour faire une vraie campagne de terrain ». « La composition de la liste touche un peu tout le monde : il y a un médecin, des commerçants, un artiste, un informaticien, un ancien SDF, un réalisateur, un journaliste… »
Aujourd’hui, Jean-Marc Restoux n’est plus SDF. Il est hébergé par Emmaüs, rue de Bucy, des locaux où il y a quelques années encore, logeaient des énarques. Un signe ?
Jean-Marc Restoux, n’a pas de local de campagne. Pas non plus de quoi se payer une salle pour une réunion publique. Ses meeting, il les fera « sur la place Saint-Germain, juste à côté. »
« Jean-Marc représente un vrai modèle de réinsertion, explique son directeur de campagne. Il a passé 30 ans dans la rue, a retrouvé un logement et monte une liste pour les municipales. »
« Compte tenu de l’abstention à la dernière élection, il suffi de 1600 voix pour obtenir 5%, poursuit-il. Ce n’est pas le bout du monde. »
« Au début, tout le monde à pris cela pour une vaste blague. Mais maintenant, les choses son en train de prendre. Beaucoup de bourgeois vont certainement voter pour lui, juste pour faire un pied de nez au système. »
11:35 Publié dans Hors les murs | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Paris, SDF, logement, municipales, politique, restoux
12.11.2007
Quand le DAL s'enchaîne
Les militants, vêtus de T-shirts jaunes, s’enchaînent aux grilles de la préfecture de Lille, scandent leurs slogans dans un haut-parleur. La rue est vide. Seuls quelques passants attrapent au passage les tracts des hommes en jaune. Le but, soutenir les familles parisiennes de la rue de la Banque, et au-delà, appeler à une action directe du gouvernement. La manière, faire du bruit, troubler la quiétude d'une journée de comémoration.
Venu les soutenir, Yannick Lavenne, des Verts, prévient : "Le logement sera certainement un sujet de débat pour les municipales, même si la ville n’est pas directement compétente, cela se joue au niveau de la communauté urbaine. S’il y a avait une vraie volonté nous pourrions construire de véritables logements sociaux. On a une vraie marge de manœuvre, il faut l’exploiter. Aujourd'hui, pour pouvoir obtenir un logement social, il faut toucher entre 1,5 et 2 fois le SMIC. Ceux qui ne touchent pas cela sont vraiment dans la détresse ne peuvent pas y prétendre. Les collectivités locales et l’Etat ne construisent pas pour ces gens là." Selon lui, le nombre de dossiers en attente sur Lille s'élèveraient à 18 000, et à 30 000 sur la métropole.
Un chiffre à multiplier par huit sur la région entière pour Patrick D'Honte, Président du DAL-HLM pour la région Nord- Pas de Calais.


22:45 Publié dans Lille et la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Logement, place de la République, manifestation


