29.01.2008

Sacs en coton invisibles

La vie est belle, les oiseaux chantent, les sacs sur les marchés sont réutilisables. Hein, réutiliquoi ?

Si si, c'est la belle voix électronique de la mairie de Lille qui l'affirme.

podcast 

Alors, comme dirait l'autre, pourquoi ressortir cela maintenant ? Non pas que je sois obsédé par Wazemmes, ses bobos, sa toujours pauvreté quoi qu'on en dise, ses briques rouges ou ses bars pas toujours bien famés. La faute, l'unique, la seule, incombe aux Verts.

Car ils l’affirment, des milliers de sacs réutilisables ont bien été distribués sur les marchés lillois depuis 2006.

 

Un peu comme ceux-ci :

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Ces belles besaces ont été remises aux "habitués des marchés lillois". Première nouvelle. A wazemmes, on a plus l'habitude de voir cela :

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En général, les fins de marché ressemblent plus à un champ de bataille qu'à une coopérative labellisée Max Havelaar. Et si les commerçants s'emploient sans relâche à remplir les poubelles mises à disposition de la municipalité, les sacs plastiques, eux, volent au vent, immondes méduses aériennes.

Alors pourquoi aussi peu d'utilisateurs du sac écolo-équitable ? Parce qu'il fallait être un « habitué ». Pas de délit de faciès, on n'a sans doute pas écarté de la distribution ceux qui étaient de passage, ne fréquentant le marché qu'occasionnellement. Non, il suffisait d'être, ce mardi matin du 31 octobre 2006, sur le marché de Wazemmes. En pleine semaine. Un jour où il n'y a pas grand monde place de la Nouvelle Aventure. Un jour où tout le monde travaille. Bref, une initiative louable, mais invisible.

Alors, flagrant délit de communication mal placée de la part des Verts ? 

Qu’importe, puisque l'opération est toujours en cours. Pour les commerçants, « la possibilité existe [...] de vendre ces mêmes sacs réutilisables. Qu’ils n’hésitent pas ! »

Ils n’hésitent pas, leur décision est déjà prise. Ils ne le font pas. Difficile dans le feu de l'action, entre un kilo de tomates, deux de pommes de terre et trois poireaux, de prendre le temps de proposer le sac ami de la nature, tout en pesant tant bien que mal le tout sur la balance, sans sac plastique.

Ces remarques, pratiques, me font penser aux critiques que les marchands adressaient à la mairie l'an dernier. « Trop loin des réalités du terrain. » Ceux-ci se prenaient des amendes en fin de marché parce qu'il ne remballaient pas assez vite. Leur rencoeur allait particulièrement contre Martine Carlier, déléguée aux marchés en plein air. Celle-là même qui était à l'initiative des sacs.

27.01.2008

La vie en bleu


Pas de carnet, pas d'appareil photo. Tel le bobo dont l’image m'exècre, j'allais en quête de mon poulet dominical à Wazemmes, dans l’insouciance totale, les mains dans les poches, le cœur décidé.

C’était sans compter sur les petites mains de Martine Aubry. Elles me sont tombées dessus. Pourtant toutes douces, recouvertes de leurs nouvelles tuniques, mais vigoureuses, labourant sans relâche le terrain du marché. Non pas vraiment les siennes, de mains. J’imagine bien qu’à cette heure, elles tenaient plutôt fourchettes et couteaux, plutôt que des tractes. C'étaient celles des militants socialistes.

Bref, eux étaient courageux, à l’épreuve du feu du terrain. Moi désemparé, sans arme pour m’y engager. Forts du dernier sondage en date qui donne à la fille Delors une avance confortable, ils quadrillent le quartier.

La tunique ? Une écharpe bleue, de la même couleur que le programme de Martine Aubry. Tous l’abordent, sauf peut-être Alain Cacheux, qui ne s’est pas séparé de son cache-nez rouge, plus traditionnel pour un socialiste.

Mais pourquoi donc un programme bleu blanc rouge ? Ca fait sacrément Ségolène Royal tout de même… Après les débats participatifs nouvelle mouture, il faut croire que le laboratoire d’idées de la présidentielle a été correctement exploité.

« C’est parce que ce sont les couleurs de la France », m’explique l’un d’eux. Pas bête l’animal. Cela ne m’avait pas traversé l’esprit. Oui mais pas très socialiste. « Ce n’est pas une liste socialiste. Il y a des gens de partout sur la liste, même de droite. » Ni une ni deux, il retourne le programme, m’exhibe la photo de la liste. « Ah mince, on n’a pas indiqué lesquels s’étaient. On a un peu de mal à s’en rendre compte. Mais c’est important de ne plus faire des tracts rouges. Ca représente trop le communisme. Ici, on va piéger la droite, ça va leur faire tout drôle quand ils vont voir que le bleu ne leur ait pas réservé. » La politique est un jeu où la cruauté ne connaît aucune barrière. Aucun militant UMP pour réagir à ce coup bas. Sous doute sont-ils terrifiés.

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Devant le QG de campagne de Martine Aubry, juste à l’entrée du marché, une militante à l’écharpe bleue m’explique qu’il y a « des gens de plusieurs partis, socialiste, communiste, radical. La candidature de Martine Aubry rassemble plusieurs tendances, qui ont toutes leur place dans cette maison de campagne. » Mais quand même ce bleu, il est proche de celui de l’UMP. « Non il est un peu plus clair. » « Et puis, c’est la couleur préférée de Martine. » Confidence.

Différents horizons pour un bleu qui ne l’est pas moins. A défaut de voir la vie en rose, les socialistes préfèrent en écarter les nuages.