24.02.2008

Un coup d'anti-pub dans la campagne

La peinture était pourtant prête, l’objectif tout désigné.

 

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La victime : un panneau publicitaire situé au croisement des rues Colbert et Gambetta. Le lieu : Wazemmes, jour de marché.

 

Il flottait comme un air de politique à ce carrefour. Dans deux semaines, c’est le premier tour des municipales, alors ça tracte en tous coins. Les candidats furètent entre les travées, à l’affût. La moindre main à serrer peut se transformer en voix dimanche 9 mars. Alors il y a du monde, regoupé sur ce petit coin de pavés.

 

Les déboulonneurs, eux, ne se présentent pas, mais compte bien intervenir dans la campgane. La troupe d’une vingtaine n’est venue qu’avec un message, « Voter contre la pub », et la volonté farouche de barbouiller à la peinture  le dit panneau. C'est cela "déboulonner", « faire tomber la publicité de son piédestal », comme l'indique leur communiqué.

 

« Le but c’est de se faire interpeller, précise l’un d’eux. Pour le moment, on ne sait pas trop pourquoi, mais cela ne marche pas. » Lors des dernières actions quelques uns ont bien fini au poste, mais sans suite.

 

Ils espèrent qu’une plainte, puis un procès, pourra rendre leur cause audible.

 

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C’est donc juchés sur un drôle d’engin, bricolé avec deux roues, trois tubes en ferraille et quatre planches qu’ils arrangent la foule, et les militants politiques. A l’arrière, on s’active. Le barbouillage du panneau doit commencer, alors que les curieux, assemblés devant l’orateur, pourront assister au spectacle.

 

C’était sans compter sur les policiers municipaux. Ces derniers relevent les identités des manifestants, et devant leur détermination menacent de sanctions.

 

- « On vous prévient, on vous interpelle si vous barbouillez ! »

- « Mais tant mieux, c’est le but. »

 

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Bloqués. Impossible d’accéder au panneau.

 

Qu’importe, à côté, les politiques ont pris le micro.

 

Danielle Poliautre, adjointe de Martine Aubry et présidente du conseil de quartier de Wazemmes est la première.

 

« La volonté de la ville a toujours été de vouloir recadrer la publicité, explique-t-elle. Martine Aubry n’est pas pour doper la publicité. » Et de citer l’exemple du futur « contrat vélo, qui ne sera pas lié à la publicité mais à Transpole. »

 

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Au tour de Marie-Pierre Bresson des Verts, colistière d’Eric Quiquet de renchérir, en expliquant que les « panneaux publicitaires sont un véritable obstacle. ». Puis d’un membre de la liste « Un autre Lille est possible » (LCR), d’expliquer qu’il y a « urgence démocratique et sociale ». Et enfin de Frédéric Lambin, colistier de Jacques Richir, de placer un mot, qu’au « nom du MoDem, je soutient cette démarche. »

 

Le temps passe, la police s’agace. Les agents menancent d’embarquer pour « trouble à l’ordre public », puis pour « tentative de dégradation ».

 

Alors un coup dans l’eau ?

 

« C’est quelque chose d’exceptionnel, explique un déboulonneur, aussi surpris que dépité. C’est bien la première fois que l’on n’arrive pas à barbouiller. »

 

« Ce n’est pas un échec, rétorque une autre. Plusieurs membres de partis politiques se sont exprimés, ils ont pris position contre la publicité, il y a eu débat. »

 

Les déboulonneurs demandent que la taille d’affichage de la publicité ne dépasse pas 50x70 cm. La même que pour l’affiche associatif ou politique.

29.01.2008

Sacs en coton invisibles

La vie est belle, les oiseaux chantent, les sacs sur les marchés sont réutilisables. Hein, réutiliquoi ?

Si si, c'est la belle voix électronique de la mairie de Lille qui l'affirme.

podcast 

Alors, comme dirait l'autre, pourquoi ressortir cela maintenant ? Non pas que je sois obsédé par Wazemmes, ses bobos, sa toujours pauvreté quoi qu'on en dise, ses briques rouges ou ses bars pas toujours bien famés. La faute, l'unique, la seule, incombe aux Verts.

Car ils l’affirment, des milliers de sacs réutilisables ont bien été distribués sur les marchés lillois depuis 2006.

 

Un peu comme ceux-ci :

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Ces belles besaces ont été remises aux "habitués des marchés lillois". Première nouvelle. A wazemmes, on a plus l'habitude de voir cela :

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En général, les fins de marché ressemblent plus à un champ de bataille qu'à une coopérative labellisée Max Havelaar. Et si les commerçants s'emploient sans relâche à remplir les poubelles mises à disposition de la municipalité, les sacs plastiques, eux, volent au vent, immondes méduses aériennes.

Alors pourquoi aussi peu d'utilisateurs du sac écolo-équitable ? Parce qu'il fallait être un « habitué ». Pas de délit de faciès, on n'a sans doute pas écarté de la distribution ceux qui étaient de passage, ne fréquentant le marché qu'occasionnellement. Non, il suffisait d'être, ce mardi matin du 31 octobre 2006, sur le marché de Wazemmes. En pleine semaine. Un jour où il n'y a pas grand monde place de la Nouvelle Aventure. Un jour où tout le monde travaille. Bref, une initiative louable, mais invisible.

Alors, flagrant délit de communication mal placée de la part des Verts ? 

Qu’importe, puisque l'opération est toujours en cours. Pour les commerçants, « la possibilité existe [...] de vendre ces mêmes sacs réutilisables. Qu’ils n’hésitent pas ! »

Ils n’hésitent pas, leur décision est déjà prise. Ils ne le font pas. Difficile dans le feu de l'action, entre un kilo de tomates, deux de pommes de terre et trois poireaux, de prendre le temps de proposer le sac ami de la nature, tout en pesant tant bien que mal le tout sur la balance, sans sac plastique.

Ces remarques, pratiques, me font penser aux critiques que les marchands adressaient à la mairie l'an dernier. « Trop loin des réalités du terrain. » Ceux-ci se prenaient des amendes en fin de marché parce qu'il ne remballaient pas assez vite. Leur rencoeur allait particulièrement contre Martine Carlier, déléguée aux marchés en plein air. Celle-là même qui était à l'initiative des sacs.