24.03.2008
Blablabla, du nouveau dans les médias
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Samedi, chez mon marchand de journaux. C'est enfin le week-end, un peu de temps s'offre à moi. Comme d'habitude à ce moment de la semaine, la boutique est bondée. On fait autant la queue pour les cigarettes que pour la presse - mais qui a dit qu'elle était moribonde. Je me prépare au choix crucial qui chaque jour se présente: Le Monde ou Libé? Il m'arrive parfois de succomber aux deux, tant je déteste trancher. Or là, ces vilaines tracasseries sont vites oubliées au profit d'une nouvelle curiosité. Le présentoir est recouvert d'un journal grand format, rouge, noir et gris. Tiens, une édition spéciale du Canard? Il n'en est rien. C'est écrit en gros, Blablabla Hebdo, "N°1 nouveau, une semaine de revue des médias".
Rapide coup d'oeil. Pourquoi ne pas tester? La buraliste en est toute émoustillée. "Vous avez vu la pub?" me demande-t-elle. Non, on ne voit que cela sur le présentoir, cela suffit pour attirer l'attention. "Non parce que c'est seulement le deuxième que je vends aujourd'hui." Il est 18h00. Ce n'est pas le franc succès.
Alors que donne-t-il vraiment ce Blablabla Hebdo?
Dès l'édito, le ton est donné. "Autant le dire d'emblée: nous ne croyons pas à "l'actualité". C'est une invention de journalistes. Et c'est bien parce qu'il n'y a pas, dans l'absolu, de "vraie actualité", parce qu'il n'y a que des "informations", des milliers d'"informations" nouvelles qui sont "fabriquées" chaque jour, qu'il importe avant tout de faire le tri."
Bref, une revue de presse, comme l'indique la une, allant de la presse écrite, en passant beaucoup par le web, et un peu par l'audiovisuel.
Blablabla s'affiche comme "farouchement indépendant, appartenant à 100% à ses deux fondateurs, Stéphane de Rosnay et Frédéric Lafeuille". De fait, la ressemblance avec le Canard enchaîné s'amplifie. Stéphane de Rosnay a été pigiste pour l'hebdo. Dans une interview, il affirme en avoir "claqué la porte", car "il s'enlisait dans le ragot politique et refusait de publier des papier méchants contre les autres médias". L'homme n'en est pas à son coup d'essai, puisqu'il a déjà créé d'autres publications dont l'allure générale ressemble farouchement au Canard, comme par exempl Un doigt d'actualité.
Le journal en lui-même fonctionne comme un agrégateur de contenu, à la différence que celui-ci est écrit et commenté. Par exemple à les blogs de Jean-Michel Apathie et de Renaud Revel servent de base pour plusieurs articles, Backchich et Rue89 également. Pour le reste, Blablabla tape dans la presse nationale. Le tout pour le plus souvent dire du mal des gens, du monde et des médias, un peu à la manière du Canard, mais en bien plus cru parfois.
Ainsi, dans la rubrique "pendantqu'onpisse...", on trouve deux papiers titrés "Alice, la bonnasse du pays merveilleux de la réclame", et "moranconneries". Mais à côté de cela, l'épluchage de la presse est plutôt bien fait, et les infos dégagées, qui n'ont pas fait la une des journaux, franhcement intéressantes. Ainsi, "l'histoire secrète de la chute d'un puissant courtisant de Sarkozy", "le travail n'est pas une valeur mais une drogue", ou encore "trois millions de chômeurs oubliés par les statistiques". Politiquement, c'est un peu marqué, mais c'est assumé.
Au final, parce que l'on a pas le temps de tout lire, sur le papier ou sur le web, c'est une bonne piqûre de rappel qui se lit vite, et bien. La preuve. Un peu septique au début, pas un article ne m'a échappé.
11:38 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, hebdo, critique, nouveau


