27.01.2008
La vie en bleu
Pas de carnet, pas d'appareil photo. Tel le bobo dont l’image m'exècre, j'allais en quête de mon poulet dominical à Wazemmes, dans l’insouciance totale, les mains dans les poches, le cœur décidé.
C’était sans compter sur les petites mains de Martine Aubry. Elles me sont tombées dessus. Pourtant toutes douces, recouvertes de leurs nouvelles tuniques, mais vigoureuses, labourant sans relâche le terrain du marché. Non pas vraiment les siennes, de mains. J’imagine bien qu’à cette heure, elles tenaient plutôt fourchettes et couteaux, plutôt que des tractes. C'étaient celles des militants socialistes.
Bref, eux étaient courageux, à l’épreuve du feu du terrain. Moi désemparé, sans arme pour m’y engager. Forts du dernier sondage en date qui donne à la fille Delors une avance confortable, ils quadrillent le quartier.
La tunique ? Une écharpe bleue, de la même couleur que le programme de Martine Aubry. Tous l’abordent, sauf peut-être Alain Cacheux, qui ne s’est pas séparé de son cache-nez rouge, plus traditionnel pour un socialiste.
Mais pourquoi donc un programme bleu blanc rouge ? Ca fait sacrément Ségolène Royal tout de même… Après les débats participatifs nouvelle mouture, il faut croire que le laboratoire d’idées de la présidentielle a été correctement exploité.
« C’est parce que ce sont les couleurs de la France », m’explique l’un d’eux. Pas bête l’animal. Cela ne m’avait pas traversé l’esprit. Oui mais pas très socialiste. « Ce n’est pas une liste socialiste. Il y a des gens de partout sur la liste, même de droite. » Ni une ni deux, il retourne le programme, m’exhibe la photo de la liste. « Ah mince, on n’a pas indiqué lesquels s’étaient. On a un peu de mal à s’en rendre compte. Mais c’est important de ne plus faire des tracts rouges. Ca représente trop le communisme. Ici, on va piéger la droite, ça va leur faire tout drôle quand ils vont voir que le bleu ne leur ait pas réservé. » La politique est un jeu où la cruauté ne connaît aucune barrière. Aucun militant UMP pour réagir à ce coup bas. Sous doute sont-ils terrifiés.

Devant le QG de campagne de Martine Aubry, juste à l’entrée du marché, une militante à l’écharpe bleue m’explique qu’il y a « des gens de plusieurs partis, socialiste, communiste, radical. La candidature de Martine Aubry rassemble plusieurs tendances, qui ont toutes leur place dans cette maison de campagne. » Mais quand même ce bleu, il est proche de celui de l’UMP. « Non il est un peu plus clair. » « Et puis, c’est la couleur préférée de Martine. » Confidence.
Différents horizons pour un bleu qui ne l’est pas moins. A défaut de voir la vie en rose, les socialistes préfèrent en écarter les nuages.
17:18 Publié dans Lille et la rue | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Aubry, muncipales, marché


